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 LE PIRE EST DERRIERE NOUS (léon)

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Lino

VISAGE : ADRIEN SAHORES

CRÉDITS : SCARFACE
BOUTEILLES À LA MER : 58

ARRIVÉE EN VILLE : 09/07/2017

DANS LA TÊTE : DES CARCASSES, DE LA CASSE ET JOCASTE

MessageSujet: LE PIRE EST DERRIERE NOUS (léon)   Mar 25 Juil - 18:13

soirée d’été
les libellules dorment
les lucioles s’allument
blanc jaune orange
ribambelle éclatée
le bruit des couverts qui s’activent
soupe colorée rôti fluo mets de toutes les couleurs
léon lino la môme
c’est eux trois
c’est comme ça
leurs voix lui parviennent
des fois
lointaines
sa voix à lui
d’homme trop sûr de lui
sa voix elle
enfant-crécelle
c’est des murmures
des échos
un fond sonore perdu
qu’il remarque pas
ou à peine.
il pense à plus beau
plus beau que quelques mots
il pense à sa belle
de l’autre jour
et des jours d’après
ça l’fait sourire
rien que d’y penser
tout autour de lui a été comme modelé
pour que lino pense à elle
les fumets de la soupe brûlante
arôme-fleur de son doux parfum
le ciel qui saigne à travers le carreau sale
(fin du jour
nouveau départ)
souvenir détaché de ce matin-là
à la gare
la mie moelleuse sous ses doigts
comme il s’imagine sa peau pâle
(sans l’avoir jamais touchée)
et chaque éclat de soleil
tout le long de la journée
comme le reflet doré de sa longue crinière
de fée.
et toi lino
t’en penses quoi ?

yeux-furies qui se baissent sur la gamine un peu chiante
rien du tout
mange ta soupe
elle va refroidir

le ton est cassant (trop)
le regard pas assez lisse
peut-être aussi
il sent celui de léon
lourd sans vraiment l’être
un peu paumé
un peu pété
comme toujours
(ça va passer).
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Léon

VISAGE : CEDRIC

BOUTEILLES À LA MER : 32

ARRIVÉE EN VILLE : 07/07/2017

DANS LA TÊTE : MA VIE RATEE

MessageSujet: Re: LE PIRE EST DERRIERE NOUS (léon)   Mar 25 Juil - 19:34

léon fait la cuisine, car ça l'aide à oublier. plein de choses. y a des choses qui lui font plaisir comme le sourire d'astrid quand elle voit la soupe arriver, lino dans un soupir qui prend sa cuillère et la plonge sur la surface (il a changé lino, qu'est-ce qu'il lui arrive ? il fleurit, sans doute, dieu, il n'a jamais été aussi beau qu'aujourd'hui, léon ne l'a jamais vu aussi radieux, mais quel froideur quand il revient sur terre !). quand l'oiseau vient de poser sur le rebord de la fenêtre entrouverte, quémandant un peu de pain, pour ses oisillons, et léon laisse sa fille jeter ces quelques grains qu'au bout de quelques jours il a finit par acheter. au bout d'un moment, ils viennent à parler des nains de jardins, de la couleur de l'avion miniature en bois qu'ils vont acheter pour elle, et aussi de celle du nouveau chemisier de madame mierinette, qui habite trois étages plus bas et qui vit une solide histoire d'amour avec monsieur mierinette grâce à la voisine qui lui a conseillé... ils ne se souviennent plus et ils rient, et astrid introduit lino dans leur conversation. léon aime ces soirs là. voilà. ce soir ressemble à d'autres mais ce soir, lino est là.
et lino casse tout. il rembarre astrid. il jette des mauvais regards. il projette des mots méchants. des mots qu'il a emprunté ou au mieux, pas pensé.
lino qu'est-ce qui t'arrive ? t'as pas à parler comme ça à astrid !
léon scrute. léon étonné, léon surpris par ce frère pourtant si doux auparavant.
tiens ma chérie, prends un peu de lait, le bon lait d'atlas.
il la sert, lino n'a toujours pas desséré les dents, les lèvres, les deux frères, chiens de faïence, s'observent. même astrid n'ose parler. c'est léon qui brise le silence.
je ne te reconnais plus, lino ! avant, tu sourais toujours avec nous, tu t'amusais bien, tu étais heureux ! maintenant c'est comme si tu ne nous aimais plus, tu nous parles mal, tu ne veux plus nous...
il pose la bouteille de lait. le bruit du verre sur le bois fait comme une sonnerie. d'accord, c'est l'heure. et d'un coup, léon se rend compte que bien des choses lui échappent.
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Lino

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MessageSujet: Re: LE PIRE EST DERRIERE NOUS (léon)   Mer 26 Juil - 18:01

d’abord
il voudrait s’excuser
pour sa langue aiguisée
ses mots-coups de poings
son œil froid
tout ce qu’astrid
ne méritait pas.
et puis il se dit merde
elle m’a quand même dérangé
tant pis si elle avait l’air heureuse
avant ça
et tant pis pour léon aussi
qui semblait moins gris
leur bonheur n’est pas le sien
et là
en lui interdisant de penser
ils le lui ont enlevé.
lino boude
enfant blessé
fait la moue
presque niais
face à l’incompréhension de léon
oh ça va
je l’ai pas insultée
et je ne vous aime pas moins
je sais pas où tu vas chercher ça
je pensais juste à quelque chose
je rêvais (c’était agréable)
dis astrid t’aimerais qu’on t’arrache à ton nuage
quand t’es confortablement installée dessus ?

(la petite fait non de la tête
trop vite pour que ça paraisse naturel
ou spontané
peut-être par dépit
pour pas contredire le casse-pieds)
ben voilà
(se tournant vers léon)
et puis toi aussi t’as changé
depuis que t’es revenu de là-bas
et j’en fais pas tout un plat
m o i.

il mange le tact
en même temps qu’une aile d’épervier
se rend pas compte tout de suite du sel sur la plaie
ne lève pas même les yeux pour dire pardon à son frère
se contente de fulminer un peu
le regard par terre
et puis il dit
d’une petite voix un peu douce
et suppliante à la fois
j’ai rencontré quelqu’un
l’autre matin à la gare

ça sonne comme une excuse
comme une justification à tous les orages
tout ce qu’il a pu dire
ou pu faire de dommage(s).
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Léon

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MessageSujet: Re: LE PIRE EST DERRIERE NOUS (léon)   Ven 28 Juil - 10:01

léon ne comprend plus son frère, qui ne se rend pas compte qu'il est devenu autrement. agressif, démesuré. ailleurs il est toujours, son cœur s'est perdu quelque part où lui, léon, ne s'est jamais retrouvé. ou alors un petit peu. quand il avait douze ou seize ans. quand la vie il la croquait comme un gâteau de leur mère après une course poursuite dans les rochers, les genoux tout écorchés et les plaies bien ravivées. peut être que lino les aime toujours autant mais qu'il ne les aime plus comme avant. avant il arrivait, avec une histoire à coucher dehors (des fois ils s'endormaient entassés dans le jardin, entre les courgettes et les artichauts, qui eux, au moins, avaient du cœur). avant, ils se chatouillaient jusqu'à très tard le soir et ils pleuraient de rire. tous les trois. lino ne s'en rend pas compte. ça révolte léon. mais il se tait. il mange sa soupe rageusement. jusqu'à ce qu'il évoque là-bas. là-bas c'est deux choses. là bas c'est la guerre. c'est le front. c'est des heures à bord d'un avion qui crachote son pétrole comme s'il rejetait le combat. c'est aussi de longs moments à guetter la mitraille. à reconnaître un avion ami, un messeirschmit ou un avion ennemi, un biplan français qui se balade entre deux nuages. ceux là faut les abattre. des fois, quand tout est fini et qu'il n'y a plus d'espoir, on peut voir le visage du pilote qui appelle à l'aide, ou qui ressemble à celui d'un camarade et léon ne voulait pas regarder. sinon il y serait allé. il serait allé chercher tous les aviateurs tombés. mais ce qui lui a fait le plus mal, c'est de survoler un terrain, entre obus (de quel camp on s'en fiche, ils sont tous aussi meurtriers les un que les autres) et grenades, et de mitrailler des pauvres gars qui courent à leur perte. quand lino dit là-bas, léon revoit les corps qui tombaient sous ses balles, lancées à travers les hélices, et ensuite, il voit le sang. il ne sait pas ce que son frère a vu quant à lui pendant la guerre. il ne sait pas ce qu'il a fait, s'il a tué autant d'hommes ou plus que lui ne l'a fait. il ne veut pas savoir. sa plaie est béante et cautérisée par les cadavres-fantômes dont le sang à coulé symboliquement sur ses doigts qui voulaient créer et non détruire.
là-bas c'est aussi il y a quelques mois, ça paraît quelques heures et pourtant c'est si loin déjà. là-bas sur la colline au beau milieu des fleurs. où elle est partie et a choisi son camp. il lui avait pourtant tout avoué. depuis leurs deux ans c'était dur comme fer. leur serment c'était le plus fort, de la matière la plus dure qui soit. diamant ou autre qu'importe. léonie était partie. ces deux là-bas, duquel parle lino ? il a bien frappé, en tous cas. léon est soufflé. il n'a même plus la force de dire quelque chose. l'été ne sera jamais aussi bien qu'il l'aurait voulu. et de sa voix d'excuse le frère achève le sien. après tout pourquoi pas ? lino n'avait jamais trop parlé de ses amours. peut être à maman. mais léon n'en avait jamais trop rien su. seulement, là, léon, ça le fend en deux. alors il veut prendre la main de celui qui l'avait jadis toujours compris. toujours soutenu. celui qui valait la peine d'être né dans la famille gripari.
ne nous abandonne pas comme je l'ai fait.
ne m'abandonne pas moi.
je suis peut être qu'un salaud d'égoïste,
mais je t'en prie, pour elle, ne me laisse pas.
ne nous laisse pas.

il dit ensuite, un peu machinalement, à astrid d'aller se coucher, qu'il est l'heure, et puis quand elle est montée, qu'il lui a déposé un baiser sur le front, il s'assoit près de son frère.
elle est comme...
comme...

léonie ? belle ? intelligente ? fiancée ? assez stupide pour aller avec un autre ? léon se maudit de penser du mal de léonie.
j'suis désolé. pour tout.
mais quand tu rêves, t'es plus là. même au qg c'est plus pareil !
on avait des rêves, lino, et on les bousille pour des femmes.
oublie là, si ça se trouve elle te fait marcher.

comme léonie.
si ça se trouve, elle est avec un autre
comme léonie.
jamais léon n'avait eu autant de haine pour lui même.
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Lino

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MessageSujet: Re: LE PIRE EST DERRIERE NOUS (léon)   Jeu 3 Aoû - 23:03

des flaques dans les yeux de léon
un lac
et puis toute une mer
lino peut distinctement la voir s’il se concentre bien
les vagues l’écume
mais c’est bizarre
elle est si noire
teintée de sombres souvenirs et du sang d’innocents
de gamins qui planent (quel déboire)
et d’humains agonisant
le bleu du regard de léon
d’ordinaire si pur
paraît sale à lino
ou juste fatigué
et quelque part des hélices
et un cœur moteur pété
qui lui font baisser les yeux
et tout regretter.
léon...
la voix s’est faite douce
aux intonations-caoutchouc
il fait comme maman faisait
faisait comme maman a fait
y a bien longtemps
mais léon, je pars pas
je te jure, je pars pas

(jamais je te laisserais
avec tes peines et ton tracas)
t’as pas besoin de me faire ces yeux-là
reprends tes vagues
tes quelques coquillages
rends moi mon frère-soleil
et son été sans nuages
t’as pas besoin de te mettre dans cet état-là
il rit
et c’est si léger
ça paraît déplacé
pas permis.
mais quand léon se met à parler d’elle
et qu’il y mêle léonie
(sorcière
dégage de sa tête
fiche la paix à mon frère
sale bête)
lino retrouve son regard-tempête
et sa voix d’pirate fâché
sois pas désolé
si tu sais pas pour quoi
sois pas désolé
alors que tu l’es pas

il va pas faire croire à lino
qu’il regrette son amour pour léonie
tout le temps passé avec elle
et le silence et la pluie
quand la bête s’est fait la belle
elles sont pas toutes comme ça
tu sais
et moi j’suis pas comme toi
(crevé)
léon j’te demande pas grand-chose
mais pour cette fois fais-moi confiance
et accorde-moi une pause.

il se lève
refuse de croiser l’brouillard encore une fois
empile les écuelles
comme on empile des cartes
sauf que là c’est pas un château
juste de la faïence et des restes de tarte
elle s’appelle jocaste
et je crois que je l’aime
...
si pour moi t’écoutes juste ton cœur
il te dit quoi ?
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