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 DIX SEPT HEURES

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VISAGE : EMBRUN SALÉ

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BOUTEILLES À LA MER : 19

ARRIVÉE EN VILLE : 30/10/2017

DANS LA TÊTE : MAMAN, JEPHTE, LA GUERRE

MessageSujet: DIX SEPT HEURES   Lun 20 Nov - 15:25

Il l'attend depuis quinze heures sur le bord de l'eau. Il l'attend à l'Adagio, sur le quai, là où on viendra pas les chercher. C'est la troisième cigarette qu'il s'enfile en une heure trois quarts et pourtant, il a pas de remords. Entre temps, il a chassé le poisson des yeux et coulé deux trois pierres, jeté un coup d’œil aux mouettes et pointé du doigt six ou sept bateaux qui se promenaient à l'horizon, avec le vieux portier qui s'ennuyait. Peut-être qu'il a dû aussi parler avec deux trois aviateurs qui venaient roucouler auprès des femmes entre deux pintes de bière. Lui aussi parfois il se joint aux copains pour oublier les temps de guerre, mais il leur préfère Jephté, et à elle il préfère la mer. Il a les pieds sur terre mais il a toujours l'esprit sur l'Adriatique, qui voyage comme il peut, qui tangue quand il veut.
Ah, mais de loin, avant tout, sauf peut-être sa vie, il faut pas non plus l'oublier, Garmann préfère sa mère. Elle, c'est une sorte de rayon de soleil terni qui l'éblouit quand même. Et il sait bien que les clopes écrasées sous ses chausses et ses milles cicatrices rouillées sur les mains ne lui plairont pas, et son visage défoncé au sang de l'ennemi et ses oreilles qui n'entendent plus tous les sons du monde à cause des hélices qui bourdonnent et les moteurs qui tonnent, sans parler des cloches qui sonnent dans les églises le glas des morts qui reviennent sur des civières blanches des combats qui l'assomment non plus. Mais c'est ça, maintenant, Garmann, c'est un petit bonhomme insignifiant qui est parti à la guerre et que la guerre a fait grandir afin de l'élever au statut de soldat et de combattant, et quand il mourra (car il mourra bientôt, ça c'est sûr, il y a pas d'autres issues pour ce sortir de ce merdier, ça c'est l'officier qui le dit, et l'officier il dit toujours des choses vraies d'après les vétérans), il sera encore élevé plus haut, devenant un souffre douleur. Si ça se trouve on gravera son nom sur des monuments comme on l'a déjà fait le mois dernier avec certains des copains qu'il reste, en marquant pour toujours ceux qui sont partis. Garmann, ça tourne en boucle dans sa tête. Il se dit que s'il part il s'en fout, car il sait bien qu'on l'oubliera pas, même si on se souviendra pas forcément de son visage et de sa voix, de ses mimiques et de ses rêves, et de l'amour qu'il portait à sa mère, de ses derniers baisers sur le quai de la gare entre deux sanglots, de ses doigts qui s'accrochent discrètement à ceux de Jephté, son nom sera sur la pierre et même le dieu pluie pourra pas venir l'enlever.
Il est dix sept heures moins cinq. Elle doit venir à dix sept précises. Elle sera sûrement là. Pas grave si elle est en retard, il lui pardonnera, car y a pas grand chose à faire.
Il est en permission depuis deux jours. Pour une semaine. Il avait pas envie de voir sa mère et son visage défait, pas tout de suite. Ni envie de voir Jephté et la demander en mariage, même s'il a jamais réussi à lui dire je t'aime et l'embrasser ailleurs que sur les paupières. Il n'avait envie de voir personne. Et jusqu'à aujourd'hui, il a réussi. Il en est assez fier. C'est pas un soucis.
On ne sait pas où il était avant. Il a mangé ce qu'il trouvait, dormi là où il pouvait, et lavé quand il le fallait, dans la mer. Sa peau ne sent plus le combat et ses vêtements le sang, il sent la mer et le sel a guérit ses blessures après les avoir agressées. Ses pieds n'ont plus mal, recouverts de corne tant il a couru sur les rochers.
Garmann sourit.
Il est prêt à voir sa mère.
Son pas léger parvient déjà à ses oreilles.
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DANS LA TÊTE : mon fils, mes problèmes, plein de questions

MessageSujet: Re: DIX SEPT HEURES   Mer 22 Nov - 11:42

Dix sept heures bientôt. Ombeline regarde par la fenêtre. Elle doit rejoindre son enfant à l'hôtel Adagio. Elle se sent revivre. Depuis la mort de son mari, elle se montre courageuse et, fidèle à la tradition, s'habille en noir et porte le chignon. Mais aujourd'hui, elle est heureuse. Heureuse de revoir Garmann. Chaque jour depuis sa dernière visite elle appréhendait de recevoir la lettre. Elle n'avait pas eu de nouvelles depuis quelques temps déjà de son petit soldat qu'elle répugne à l'appeler ainsi. Elle se dit que la guerre n'est qu'une bêtise humaine et que jamais plus on ne devrait revivre cette horreur. Quel erreur de la part de l'homme avoir inventé se mot : guerre.
Maintenant, il est l'heure de partir. Elle vient de sortir une tarte du four, la préférée de Garmann. Elle est prête. Elle a gommé toute mélancolie de son visage et on peut y lire seulement une joie extrême de retrouver l'enfant qu'elle a porté. Plus rien ne compte dorénavant que... Mince, il est seize heures cinquante huit ! Elle perd le fil de sa pensée et se précipite dehors. Elle ne veut pas louper l'heure. Pas aujourd'hui. Pas pour son fils !
Elle marche, rapidement mais d'un pas légé. Elle l'aperçoit. Il est là. Elle l'appelle et il se retourne. Il la regarde et elle sourit, ce qu'elle n'avait pas fait depuis fort longtemps. Elle fait les quelques mètres qui la séparent de lui et elle prend le visage émacié de la plus belle chose qui lui soit arrivé dans la vie. Il sourit mais elle voit que c'est une façade. Elle le connait trop bien. Une ride d'inquiétude barre son front mais un geste tendre de son fils la fait se détendre.
Elle laisse couler une larme de joie. Plus que des mots, le silence complice entre eux veut tout dire.
" Garmann, je suis tellement heureuse !" Elle l'embrasse tendrement sur les joues, le front et revient sur les joues. Elle l'enlace, le repousse, le retient et le repousse de nouveau. Ils se tinrent par la main, regardant l'horizon au loin. C'était un moment parfait.
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MessageSujet: Re: DIX SEPT HEURES   Mar 5 Juin - 20:29

Alors bien sûr, dans l'étreinte maternelle il se sent à l'aise, il se sent heureux même et ça le rassure, de se dire qu'au moins, après être revenu de tant de souffrances il retrouve au moins un paradis. Il y a quelques milliers d'odeurs dans ses cheveux et jusque sur ses pommettes, il reconnaît le tabac de la rue Saint Vincent et l'essence des avions rouillés. La citronnelle aussi dans les coins de ses yeux et aussi certainement, un peu de larmes. Il sent tout ça et en même temps, il y a tant de senteurs qu'il a dû mal à tout analyser. Cela fait si longtemps qu'il ne l'avait pas respirée, tenue dans ses bras.
Bien sûr, il y avait eu des lettres. Des promesses de retrouvailles (qui se tiennent), des sourires dissimulés entre les lignes et des questions sous entendues, des secrets bien gardés mais pourtant si visibles. Quand ils s'écrivaient tout se dévoilait derrière mille précautions. Garmann lisait et relisait les mots qu'elle lui avait envoyés trois, quatre, quinze jours auparavant, apportant des nouvelles sur les fêtes et les vieux voisins, les chants des oiseaux et l'opium qui disparaissait. Parfois, même dans ses écrits à lui, il retrouvait les mêmes phrases, il pensait que merde, même la guerre elle effaçait la belle langue italienne. Les mêmes étreintes, en fin de paragraphe.
Et puis, une déchirure.
Il ne l'avait pas vue, pas tout de suite, il n'était même pas certain qu'elle s'en rendait compte. Il ne savait pas qui l'imposait à l'autre, mais une déchirure, il y en avait une.
Les longs mois à ne pas se voir commençaient à détruire leur intimité même s'ils s'étaient promis de la garder. Même si on pourrait croire qu'entre mère et fils, il y a des liens indestructibles.
Et là, quand il la sent dans ses bras, là, quand il reconnaît chaque forme et chaque dess(e)in, chaque pli, chaque courbe, il se dit
je ne la connais plus
elle a beaucoup changé
ou
j'ai beaucoup changé
ou bien
merde, j'avais oublié combien elle était douce
à quel point je comptais pour elle
Il se dit que quand même, dans sa guerre, s'il a perdu quelque chose, c'est l'envie d'aimer. Même Jephté il l'avait un peu laissé de côté.
Les mitraillettes, les corps qui gisent, ça l'avait vidé de l'amour maternel et tout ce qu'il contenait. Il se promit de ne pas lui dire.
De toute façon, elle le verrait. Maman avait le pouvoir de voir tout ce que les autres ne peuvent pas savoir et avant, ça l'énervait. Pourtant, quand elle savait, c'était mieux.
Il avait trop vu les femmes pleurer et les hurlements se serrer, et, aujourd'hui, 17:00, si quelque chose l'aurait rendu triste, c'était bien les pleurs de maman.
Il lui sourit, des parenthèses au bord des lèvres, de l'amour dans les yeux.
Putain il en reste.

moi aussi, heureux, tu sais.
maman,


(  )

t'inquiète pas.
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MessageSujet: Re: DIX SEPT HEURES   Mar 5 Juin - 20:47

Garmann
Un souffle, un nom prononcé, à peine audible.
Mon fils enfin revenu ! J'avais envie de le chouchouter comme je le faisais il y a de cela bien longtemps maintenant. Le temps, ce vieux copain qui prenait les secondes de nos vies, ne me prendra pas ce moment. Aujourd'hui, c'était notre moment !

Petits sourires, grandes joies, les deux choses que l’on voit quand ils se promènent. Ensemble, ils sont beaux. Pourtant, ils en ont vécu des malheurs mais aujourd’hui, ils sont fiers. Fiers d’être ici, fiers d’être ensemble.
Petits sourires, grandes joies, lorsque la mer vient leur caresser les pieds et que la brise douce de début de soirée s’engouffre dans leurs cheveux.
Petits sourires, grandes joies, quand ils sont à regarder le paysage.
Oui, cela fait longtemps et le temps passe.
Oui, ça remonte à plus de six mois qu’ils n'ont pu se voir mais aujourd’hui. Ah ! Aujourd’hui !

Ce n'était pas la même chose que la dernière fois. S'il avait pu rentré, c'est parce qu'elle l'avait demandé. Et oui, elle en connaissait des chefs dans l'armée qui avaient beaucoup de pouvoirs et elle ne s'était pas gênée pour faire comprendre qu'elle avait besoin de son fils. Elle le ferait revenir. Définitivement.
Hors de question qu'il subisse le sort de son père. Cette foutue guerre l'avait trop fait souffrir. Elle avait été bouffée, rongée par la peur de perdre son fils mais heureusement. Heureusement que ses lettres finissaient toujours par revenir à son fils. Heureusement que les siennes lui parvenaient, parfois en mauvais état mais lui parvenaient toujours.

Elle le regardait son fils. Elle le voyait changé son fils. Elle avait peur comme toute bonne mère et elle était fière. Fatiguée de cette guerre, certes mais fière.
Son amour la regardait avec ses yeux d'anges. Il était beau son fils. Il avait ses yeux d'enfant mais... Ils avaient perdu cette lueur d'innocence et d'insouciance....
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MessageSujet: Re: DIX SEPT HEURES   Mar 5 Juin - 21:07

((besame mucho cesaria evora))

les lumières s'allument sur les berges et l'hôtel adagio s'illumine, incandescent dans la nuit trop longue et les heures trop courtes. des étincelles s'enflamment ailleurs que dans les yeux de maman et pourtant, quelques paillettes restent accrochées là où il n'y en avait plus avant. garmann les observe une à une et se demande si c'est des morceaux de larmes. il se persuade que non et le soir tombe, combien de temps sont-ils restés ensemble à s'épier et à se retrouver ? de nombreux bateaux ont tangué devant leurs corps qui tanguaient aussi sans pour autant chavirer.
les premiers airs de guitare s'ouvrent sur le balcon de l'adagio, les trompettes et les chanteurs arrivent, le piano dépose ses accords, lentement, avec douceur, comme les mains de garmann qui attrapent celles de sa mère avec tendresse. il en avait rêvé de ce geste, sans l'avoir imaginé éveillé. ses lèvres s'entrouvrent, comme quand il souffle la fumée des clopes qu'il jette sur le pont. les vaguelettes clapotent et sa voix se fait plus grave quand il s'éloigne d'elle (enfin).

maman, t'entends ? c'est ça, la voix, la vraie, celle de l'italie
mamant, tu comprends ? chaque jour, je m'accroche à l'espoir
je sais, c'est con, je sais, tout le monde fait ça, et bien sûr, j'en ai bien conscience,
on est tous un peu largués dans le grand large qu'est la guerre.
maman, je ne sais pas mais, en tous cas, un jour, je ne reviendrais pas
ou peut-être que si
j'ai peur, maman,
mais


il s'arrache de l'étreinte, c'est trop facile pour pas faire mal. il sourit (ça fait du bien).
il se disait peut-être que c'est la dernière fois
pardonne moi, maman
(tesoro mio)

les lumières ne faiblissent pas dans le soir qui se couche et qui attend, la lumière ne s'éteindra jamais en italie, il y brûle le feu qu'il entretient depuis si longtemps. leur foyer à tous les deux y brûle aussi.
toujours, ils seront toujours ensemble.
une dernière fois, maman,
souris, souris à la vie, maman,
maman
tesoro mio
tesoro
maman
je sais c'est dur je sais je pars
mais merde
où est l'amour
j'en ai assez de la guerre et j'en redemande d'autres
je suis resté un enfant
ton enfant
tuo figlio
avec la malice entre les paupières et les cils qui se courbent dans les grands éclats de rire.
j'ai peur maman,
j'ai peur de la guerre et les bombes
les gaz les balles et les tranchées
les mines dans l'eau et le feu qui sort de la mer
je sens l'asphyxie
et putain comment ça pue
tout ça
tout ce qu'on a fait
que fait on de nos mains
de nos trésors
que fait on

je voudrais voir toujours ces lumières qui brillent et scintillent ne jamais les voir s'éteindre quand la fumée recouvre le ciel noir de la patrie, le ciel noir dans lequel nous avions si souvent rêvé de s'envoler. les étoiles qui se forment, je me souvenais plus
maman
à quel point c'est si beau
et je pleure
pleure toute la merde dans laquelle je me suis enlisé

et j'en redemande d'autre
je me repentis
le sel des larmes me fera oublier
pourquoi ils sont morts
papa
les copains
les autres
notre amour

garmann serre fort les mains de sa mère
il sait bien que ça sert à rien
mais il en redemande d'autres
des baisers avant la mort
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MessageSujet: Re: DIX SEPT HEURES   Mar 5 Juin - 22:45

"Je t'aime mon chéri, je t'aime si fort...
Tu sais, tu vivras, tu feras ta vie seul, sans ta mère pour t'embêter et répéter qu'il faut te couvrir. Tu sais, un jour, tu partiras loin de moi, ou alors tu seras tout près mais peu m'importe parce que je t'aime !"
Je n'ose lui dire que je vais tout faire pour le faire rentrer.
Je n'ose lui dire que je ne veux pas qu'il m'abandonne.
Pourquoi devrait-il m'abandonner ?
Et puis, je ne veux pas l'inquiéter... C'est vrai qu'ici, ce n'est plus comme avant. Je ne veux pas qu'il se préoccupe de moi. D'ailleurs, j'espère que Monsieur le notaire sera gentil de ne pas revenir de si tôt me faire la cour sinon, je pense que je le receverai comme il se doit, un coup de pied au...
Je m'égare. Je pense à autre chose alors que mon fils est devant moi, là
D'ailleurs, je ne veux plus penser. Je veux profiter du moment. Je veux me laisser porter par le vent.
Aria, fait que je puisse te respirer encore longtemps.
Aria, fait qu'il puisse te respirer encore longtemps.
Aria, protège le. Toi, tu restes auprès de lui et tu le veilleras. Je compte sur toi.
Non voglio niente che gli capita, ti do fiducia. L'amo troppo per ciò.
Maintenant, je voudrai m'abandonner à la musique...
Est-ce que Garmann se souvient comment on danse chez nous ?

Ils écoutaient ce chant porté par Aria et ce fut Ombeline qui prit la main de son fils en lui murmurant : "Danziamo"
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MessageSujet: u nell   Jeu 7 Juin - 23:12

ils dansent (leurs cheveux flottent au vent). c'est une deuxième dimension qui s'ouvre sur un ballet d'abandon. ils dansent sur les quais et leurs pieds glissent sans brutalité sur les planches sans jamais les faire tomber. il y a toujours la musique mais le silence est lourd entre eux deux.
ils dansent et s'envolent, un semblant de légèreté. ils sentent la brise sur leurs joues et aussi l'amour sur leurs lèvres.
ils n'oublient rien, leurs pas se retrouvent et c'est bien.
garmann oublie même les mots de maman, ces mots un peu gênants (ces mots qu'il a déjà entendus).
tout va pour le mieux, les mouettes s'en vont se coucher et les mères couchent leurs jeunes enfants dans leur lit avant de leur donner un baiser sur le front.
les marins rient et les femmes crient, dans l'adagio les airs se précipitent et leur danse devient plus bancale.
il y a un parfum d'après guerre, là, entre eux. un parfum qui veut dire c'est fini et vous vous reverrez. les traces de la guerre et les massacres iront se réfugier ailleurs que dans les souvenirs. on oubliera tout ça.
garmann pourtant
ne veut pas oublier
il a cette pensée qui tourne en boucle depuis qu'il est mort
papa
le grand vide que ça a créé
et ces maux
tous les projets
envolés, tout comme eux, envolés bien sûr !
idées de merdes
la réalité coupte tout
garmann, machinalement exécute ce qu'elle attend de lui, et là

la rupture

elle se dresse devant lui, inégale
injuste
ça va s'arrêter la guerre ?
il a réclamé à corps et à cri
VENGENCE
VENDETTA
aux ennemis pour avoir tué le père ?
pour finalement se rendre compte
que c'est le corps de la madre qu'il va retrouver ?
putain de vie

il lui lâche les mains
il dira pas
je m'en vais
ou
désolé
ni même
pardon
il dira rien
juste

vengence
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