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 LÉON

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AuteurMessage

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VISAGE : ERIN

CRÉDITS : HOODWIK (AVATAR)
BOUTEILLES À LA MER : 29

ARRIVÉE EN VILLE : 12/07/2017

DANS LA TÊTE : NOUR NOUR NOUR NOUR NOUR

MessageSujet: LÉON   Jeu 20 Juil - 22:50

IDEES

trente ans. qu'est-ce que c'est ? peut être une accumulation d'années qui n'ont rien en commun ou une accumulation de jours qui ne valent rien. ou un peu des deux. trente ans à attendre léonie, c'est trente ans de rien du tout. chaque jour, le soleil. ou la pluie. de temps en temps, autant que lorsqu'on met le linge sale régulièrement dans le panier. chaque jour, regarder le paysage. espérer un visage ami. quelque chose de joli. espérer léonie ou que lino apporte le café. chaque jour, comme s'ils étaient comptés, et non pas oubliés, chaque jour, grimper dans l'avion et maudir les autres hommes. sans doute ces jours-ci sont des jours laids. mais si on regarde bien, ces jours là sont des jours sans douleur. trente ans, qu'est-ce que c'est au final, pour léon gripari ? rien. il a tout le temps.
tout le temps pour l'espérer (ce qui n'est pas assez).
il y a d'autres jours (beaux ou orageux, clairs ou (dé)foncés), où léon n'a plus envie. il sort un peu d'encre, un vieux crayon, un bout de papier, et il écrit. des poèmes, on ne sait pas, des lettres, pour son aimée.
puis ensuite il déchire tout et met tout à la poubelle. ça ne sert à rien. elle ne l'aime pas. elle a choisi un soldat pirate. bon. et alors ? il y en aura d'autres, des léonie (ou d'autres soirs avec elle, est-ce qu'il l'espère ? il espère beaucoup), et il y aura aussi d'autres jours. mais pas d'autres femmes. autre est un mot horrible. léon ne veut pas autre chose que léonie, son frère, astrid, au final. rien à part vivre. pour l'instant, il s'occupe de ses amis, ses coéquipiers, les babafeuils, avec lino frérot. ils projettent de faire le tour du monde si un jour ils gagnent au tournoi. ils emmèneront tout le monde. ce sera le plus beau des voyages. oubliés, les femmes. oubliés, les tracas de tous les jours, la voisine qui braille le matin ou le voisin qui veut son pain. fini d'essayer de sauter la première marche de l'escalier pour ne pas faire de bruit, ni de pousser la couverture avec soin pour ne pas réveiller astrid. de se moucher avant de dormir pour ne pas ronfler. plus besoin d'avoir à faire le ménage. plus besoin de faire attention au fil à linge qui pendouille dans le jardin, et se rappeler qu'il faudrait le réparer. à lui, la liberté. la liberté à plusieurs.
et puis, il y aussi sa fille (astrid). elle grandit, elle a déjà douze ans. elle veut voir le monde d'en haut. léon est heureux avec elle. ce n'est pas sa fille, pas génétiquement, mais c'est comme si. un jour, une femme est venue sur l'île 67, avec sa fille de neuf ans. elles fuyaient la guerre et le mari-père violent. elles fuyaient, comme tant d'autres avaient fui. c'est kapla qui les a trouvés. la mère était malade, affamée, terrorisée, tandis que sa fille était en train de mourir de faim, transie par le froid. léon venait d'apprendre que léonie (sa tendre léonie, celle qu'il aimait tellement) s'était fiancée avec l'autre gars. l'âme dans la tombe il les avait pourtant recueillies. avait oublié grâce à elles l'absence de (oserait-il le dire ?) sa femme (ils n'étaient pas mariés, rien (ou presque) ne s'était passé mais il y avait cru, pendant tant d'années). il avait réparé sa masure, se levait le matin pour préparer le petit déjeuner et préparer avec soin les médicaments, prescrits par le médecin qui était venu la veille. malgré toute l'attention qu'il leur portait, la mère est morte. maintenant les vagues qui se fracassent sur le rocher ont le son rauque des paroles de cette femme qui jusqu'à la mort lui a dit merci ; le vent dans les feuilles des arbres de la terrasse du salon de thé, au dessus du toit en tuiles toutes cassées, souffle et envoie l'odeur mélancolique et aérienne, des fleurs (des mimosas, quelques jonquilles, qui fleurissent si on les arrose) qui poussent sur sa tombe.
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LÉON
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