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 LES ENFANTS DEVIENNENT GRANDS (NOUR)

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DANS LA TÊTE : NOUR NOUR NOUR NOUR NOUR

MessageSujet: LES ENFANTS DEVIENNENT GRANDS (NOUR)   Mar 31 Oct - 18:33

Un vieil air de guitare à la radio, avec un violon qui pleure, et le vent qui souffle à travers les fenêtres, le chant d'une scie, les dernières ondes d'un thérémine. Le grincement familier du rocking-chair, le feu qui crépite dans la cheminée. Le froissement de l'allumette contre sa boîte pour l'allumer. Le volet qui glisse sur le mur, les galets jetés sur le perron. Si on ferme les yeux, on entend tout ça. Si on se repose, quelques instants.
Atlas a glissé sa main dans celle de Nour, et ils sont sur leur canapé couleur vert d'eau, comme beaucoup d'éléments de la maison (notamment la porte, qui, après maintes discussions, a subit le même sort que les autres). Devant eux, le feu. Derrière eux, la radio. A côté se balance le rocking chair au gré du vent dans la fenêtre. La scie musicale et le thérémine appartiennent aux voisins, qui jouent dans le jardin. L'allumette, ça doit être parce qu'Atlas allume en même temps quelques bougies, car les plombs ont sauté mais qu'il ne veut pas s'éloigner de Nour, dont le ventre bien rond est chaud comme le soleil (ou presque). S'il pose sa paume dessus, il sentira leur enfant, et il se posera mille questions. Si c'est une fille, il aurait bien aimé l'appeler Anne. Parce qu'Atlas Noor, Nour Effner. Il y a longtemps réfléchi. Il ne lui en a pas parlé. Ils sont bien là où ils sont. Ils vont bientôt être parents. Comme ils l'avaient longuement imaginé, mais pas vraiment réalisé.
Cela avait été long de reconstruire la maison. Peindre. Clouter. Recoller. Scier. Tapisser. Recouvrir. Cimenter. Charpenter. Attendre, enfin, s'endormir, dans une masure de plus en plus belle, de plus en plus à eux. Quand ils eurent enfin fini, exténués, vêtus de blanc et de vert d'eau, de couleurs pastels primaires mais aussi de couleurs foncées comme quand le soir tombe, que les murs étaient recouverts de coquillages collés un peu partout, et qu'Atlas avait peint en lettrines au dessus de la porte le nom de leur maison, ils se sont souris, puis ils sont entrés, et ils ont dormi encore plus longtemps que jamais, enlacés dans le lit qu'ils venaient juste de poser. Tout est neuf. Tout est beau. Rien ne peut égratigner leur bonheur. Même pas le froid qui rentrera quand viendra l'hiver, à cause de l'isolation défaillante. De toutes façons, Atlas réparera tout ça un jour. Ils n'auront pas bien froid longtemps s'ils sont tous les deux.
Leurs doigts sont entrelacés, leurs cheveux emmêlés (on les reconnaît bien là). Leurs visages émerveillés devant les flammes. Oriflammes. Ils pensent à hier. Hier à Dédale. Puis à demain. Demain à Noveciano.
J'aime bien notre maison. J'aime bien quand on est tous les deux. J'aime bien tout. qu'il dit, Atlas. Il aime bien dire qu'il aime bien. Il ne se lasse jamais. Surtout si c'est pour elle. Nour...
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MessageSujet: Re: LES ENFANTS DEVIENNENT GRANDS (NOUR)   Mer 1 Nov - 23:12

ici tout me plait, je ne veux rien changer. pas le bois neuf du parquet grinçant ni le tic tac rassurant du vieux coucou. pas les ombres chinoises sur les murs clairs, projetées par la douce lumière qui émane de la cheminée, drôles et familières. pas ce bien-être que je ne pensais jamais atteindre un jour, ce bonheur qu’on m’a laissé toucher, serrer, caresser et menotter à mon cœur alors que j’avais rien demandé. pourtant ce serait mentir que d’affirmer ne pas avoir peur que d’une seconde à l’autre, tout ceci disparaisse. qu’on m’annonce que c’était une blague et que les raclures de mon genre n’ont pas droit au quart de ce que je possède présentement. je les entends, ces putain de voix qui m’angoissent même en plein jour : « noveciano ? mais de quoi tu parles ? t’es toujours à dédale, nour ». j’ai peur que tout s’envole ou que rien n’ait jamais existé. qu’une bourrasque trop violente n’envoie valser ma bicoque, qu’on m’retire tout, même mes étoiles, mes douces vagues et tes beaux yeux. parce que par-dessus tout ce que je crains le plus au monde, c’est que mon amour je me réveille un matin et tu n’es plus là. ou peut-être que si, mais plus à moi. j’sais même pas si je redoute que ta flamme ne s’éteigne ou que je ne parvienne plus à la raviver. pardon mon cœur j’suis désolée, j’sais bien que j’ai des peurs d’enfant blessée, de cadavre à la dérive. mais tu sais c’est plus fort que moi, je vous aime tellement, toi, tout ça, et l’astre qui vit en moi. j’te jure mon amour que j’pourrais pas faire, sans toi.
alors je te regarde. et chaque seconde qui passe me rend un peu plus amoureuse. atlas, j’ai envie de t’embrasser. je veux sentir pour toujours ton souffle chaud aux arômes de cerise chatouiller mes paupières lourdes et effleurer mes lèvres gercées. je veux confondre mes mèches avec les tiennes, et qu’elles ne cessent de caresser mon front quand le soir dans notre lit, tu m’aides à trouver le sommeil. je veux que tu continues de me dévisager comme si tu ne m’avais jamais vue et que j’étais une des merveilles du monde,  je veux que tu serres pour toujours mes phalanges trop rêches entre tes doigts si doux puis que tu t’excuses de les serrer trop fort, m’avouant ta peur de l’abandon. alors je me sentirais moins conne.
je te souris et rapproche un peu plus nos deux corps meurtris, j’tente encore et toujours de recoller nos morceaux, d’essayer d’faire en sorte qu’ils se détachent pas trop. tu me diras sûrement que j’ai pas à m’en faire, mais j’ai même beau le savoir j’suis un cas désespéré, tu sais ? j’perds pas mes vieilles habitudes. je te laisse poser ta tête sur mon épaule, déposant un doux baiser sur ta tempe et sur ton front encombré de boucles folles, m’enivrant de ton doux parfum comme je me languissais de ces drogues d’autrefois. une de mes paumes posée sur l’arrondi de mon ventre, récent automatisme, je frôle depuis quelques minutes déjà les membres rondouillets de mon bébé en devenir ; ça me fait sourire. je m’étends un peu plus sur le canapé, cherchant du confort, davantage de chaleur peut-être aussi, et qu’on m’offre des fleurs. les doux échos de ta voix-violoncelle me parviennent alors et je ris cette fois, bien trop comblée, plus encore subjuguée par tes mots, par toi. je veux rester ici pour toujours. on partira jamais dis, mon amour ? moi aussi j’aime tout, j’veux que rien ne change. et je t’aime. je t’aime. et d’appuyer mon menton sur le haut de ton crâne, d’entremêler nos doigts plus qu’ils ne l’étaient déjà afin qu’on soit vraiment unis, qu’on s’aime à l’infini.
je gigote encore. je me sens bien mais pas trop à la fois, c’est étrange. rien qui ne fasse mal mon cœur ne t’inquiète pas, mais j’ai comme l’âme qui tire et ma peau qui bat trop fort. pour l’instant je décide de passer outre, trop occupée à te susurrer à l’oreille à quel point je nous trouve beaux, façon roi et reine.
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MessageSujet: Re: LES ENFANTS DEVIENNENT GRANDS (NOUR)   Jeu 2 Nov - 15:41

(Lui aussi, il a peur que tout se casse, tu sais. Comme si un simple grain de sable pouvait rencontrer le mur et le briser en plein de morceaux qu'on ne pourrait pas recoller, car quelqu'un a retiré la colle. C'est comme si un canard mandarin venait se poser, là, devant, et qu'avec son chant il fasse s'écrouler toute la construction, comme un château de carte exposé aux méandres du vent en haut des falaises. Que le feu dans la cheminée grandisse tellement qu'au bout d'un moment, il envahisse la charpente la dévore et qu'au final, vous restiez ensevelis là dessous. Il a peur qu'on bombarde la maison quand rugit encore à ses oreilles l'écho des sirènes, qu'une bête sauvage entre et mange les fondations. Que les avions de l'adriatique tombent sur le toit et le crèvent. Lui aussi, il a peur de se réveiller en ne te voyant plus, mais tu sais, Nour, c'était comme ça même à Dédale.)
Ses yeux ne voient plus comme avant. Il ne l'a pas dit à Nour. Elle porte quelque chose de merveilleux. Une fabrication à eux. Un peu de ce nous deux qu'on leur prête si bien (on leur donnerait même). Il ne faut pas l'abîmer. Au contraire, il faut le chérir, comme jamais on l'a déjà fait. Atlas se le répète un peu chaque matin. Quand il se regarde dans la glace et qu'au fur et à mesure, après chaque jour, chaque semaine, son visage devient un peu plus flou. C'est très subtil. Parfois, il voit comme avant (là, par exemple, il voit parfaitement, tous les détails, toute la vie qui peuple la pièce, de la plante bleue au bois qui flambe). La maladie se retire, le temps qu'il lui faut, comme un repos, comme si elle disait, tiens, je vais m'arrêter cinq minutes, laisse moi souffler Atlas, je reviens tout à l'heure. Il sait qu'il est malade. Ce qu'il sait pas, c'est s'il en a peur. Est-ce qu'il regrettera les brindilles dans les plaines, les chevaux dans les prés, à l'entrée de la ville, et les pailles colorées sur le comptoir d'un bar quelconque ? Est-ce que c'est grave s'il ne voit pas son enfant grandir ? S'il ne voit pas Nour s'épanouir ? Oui. Sûrement. Mais elle sera toujours là, Nour. Et leur enfant aussi. Elle l'aimera sans doute même s'il ne peut plus l'admirer. Il pourra la voir autrement. Ce sera différent.
Bien sûr que oui qu'on partira jamais. Jamais, jamais, jamais.
Quatre baisers sur les mains de Nour, un pour chaque jamais. Qu'est-ce qu'ils sont bien ici. C'est parfait. C'est un moment de répit dans leur journée fatigante. Ils pensent, réfléchissent, s'aiment, construisent. S'inventent des projets irréalisables, avec, des fois, des pivoines séchées et des lilas flétris, mais toujours, y a quelque chose de beau, qui sonne comme des nuances de bonheur. Elle a raison, Nour, ils sont reine et roi. Reine et roi et unis et heureux et amoureux (ça fait beaucoup, quand même, mais ils en ont jamais assez).
Je t'aime aussi.
Un dernier baiser, et il se lève. Il a les membres tout engourdis de chaleur, de douceur, et sans doute d'amour. Il va remettre les bûches dans la cheminée, qui se sont affalées comme si elles étaient ivres. Il rassemble les braises qui sont tombées un peu plus loin sur la pierre, les remet dans leur nid douillet. La fumée monte, elle embaume l'espace mais pas de trop, juste ce qu'il faut. L'arôme des anémones et des autres fleurs est plus fort. Il exhale des bouffées qui viennent de dehors, donnant un peu de fraîcheur dans leur maison chaude et claire, sucrée et pastel. Ça sent bon. Ça sent eux.
Il revient contre Nour (elle a une drôle d'expression, mais quand il arrive, c'est bon, elle sourit, et son sourire est comme le soleil, avec mille rayons). Bientôt, ils seront mariés. Ça lui fait drôle de penser ça. Ils ont vingt ans (et quelques poussières, mais c'est si bon de dire vingt ans, ça leur donne des ailes là où il n'y en a pas) et ils vont être parents et mariés. Ensemble. Ils vont former une famille. Ce qu'ils ont jamais fait avant. Ce qu'on leur a jamais donné. Atlas sourit.
Y a que dans ses bras à elle qu'il est heureux.
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MessageSujet: Re: LES ENFANTS DEVIENNENT GRANDS (NOUR)   Sam 18 Nov - 18:44

je veux que toi et mon on ait une belle vie, qu’on s’pose ici et qu’on en reparte jamais, qu’on vieillisse sous nos arbres fruitiers et qu’on finisse par s’essouffler devant la beauté de nos rêves. je veux qu’on crève les pieds dans le sable et que nos carcasses soient jetées à la mer, qu’les flots au bout d’un moment nous séparent mais tant pis, puisqu’alors on aura tout vécu et on se sera tout dit. je veux qu’on nous oublie, que le souvenir de nos deux cœurs réparés s’fasse aussi flou qu’un sourire dessiné sur une vitre embuée. je veux que nos enfants aiment et soient aimés, qu’ils aient jamais de quoi briser une vie et qu’ils soient suffisamment protégés pour qu’on brise jamais la leur. je veux entendre autant de je t’aime maman que j’en ai pensés y a bien longtemps sans oser les dire, pouvoir murmurer que tout va mieux quand ils feront le compte des cicatrices sur ma peau. je veux qu’ils aient de mes yeux et des tiens, qu’ils puissent voir à quel point tu es beau et à quel point le monde l’est aussi. je veux qu’ils pleurent, hurlent, cassent des vases quand ça va mal et viennent se réfugier dans mes bras pour m’entendre leur promettre que maman est là. je veux qu’ils aient tout ce qu’on a pas eu et tu sais bien que j’ai peur de pas être à la hauteur, seulement j’te jure que j’essaierai. je ferai tout, j’en périrai.
d’ailleurs tes baisers ont la douceur des belles promesses et j’me sens bien quand t’es tout près, juste là. tu te lèves pour raviver des braises éphémères et j’espère que celles qu’on a en nous ne s’éteindront jamais parce que je sais pas si à ce moment-là j’aurais le courage de me lever. j’ai les paupières plissées d’une fièvre dorée, je te regarde comme je t’aime, même ta démarche me plaît. et y a encore ce désagrément quelque part dans mon corps qui me fait déglutir, un truc qui fait pas mal mais qui me rend mal à l’aise. le temps que je cligne des paupières pour chasser mon trouble, tu es déjà de retour et quand tu souris, je te suis. j’entrelace nos doigts, caresse tes phalanges qui n’auront plus jamais à souffrir.
oui mais.
atlas, je crois que j’ai un problème. j’aimerais qu’on discute de tout et de rien comme y a deux minutes, qu’on dessine des plans sur la comète jusqu’à au moins demain matin mais y a ma respiration qui s’accélère sans que je lui aie rien demandé et une crampe foudroyante qui me fait te serrer la main un peu trop fort : même moi je pourrai pas faire passer ça pour de la passion. ma bouche s’entrouvre dans un cri muet et je me redresse soudain. j’ai mal. je crois que notre graine arrive plus à pousser. oh merde. j’suis désolée, c’est tout ce que j’arrive à dire. je serre toujours ta main dans la mienne (ne me lâche pas, par pitié) et je cherche un peu de ta chaleur au fond de tes prunelles (j’ai frissonné). mes lèvres se courbent un peu plus quand je sens un liquide chaud cascader à l’intérieur de mes cuisses et souiller le coton de notre nuage enchanté. toi et moi on sait bien que c’est pas la mer. j’essaie de pas paniquer, je veux pas faire trop tanguer la barque au risque qu’elle ne sombre : je crains de couler et de ne jamais remonter. j’pensais être préparée à tout mais mon assurance prend l’eau et j’ai pas le temps de plonger la récupérer. j’arrive même plus à savoir si j’ai hâte ou si je suis effrayée. dis-toi juste que y a moins d’une année, j’aurais regretté.
je te souris. je n’ai plus peur.
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